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Fiche 18 : Monter des actions de solidarité internationale
8 Avril 2001Sur le même thèmeNombreux sont les étudiants qui souhaitent monter un projet de solidarité internationale. Si l’Afrique francophone constitue toujours la principale destination, c’est sur les cinq continents qu’on peut retrouver des traces d’initiatives menées par des étudiants venus de France. Révoltés par les inégalités persistantes entre Nord et Sud, curieux de découvrir des destinations et des cultures inconnues, les motivations de ces jeunes globe-trotters sont variées. Cependant, la bonne volonté et l’envie de vivre une aventure à l’international ne suffisent pas toujours pour rendre faisable un projet. Et encore moins pour le rendre pertinent.
1. L’esprit « solidarité internationale »
Premièrement, ce n’est pas parce que vous agissez dans un pays lointain que vous contribuez au développement. Des actions passionnantes peuvent être menées dans le domaine du tourisme culturel, du raid sportif, de l’excursion naturaliste, sans qu’elles puissent être pourtant assimilées à des activités de solidarité internationale. Aussi, il importe d’être bien clair avec soi-même et avec les autres lorsqu’on définit son projet et qu’on l’énonce. Le mélange des genres est souvent d’un goût douteux. Assumez vos envies de découverte et de rencontre si tel est votre objectif sans vous cacher derrière des projets mal construits qui peuvent avoir des effets désastreux sur les pays dans lesquels vous les menez.
Pour compléter votre réflexion sur les objectifs de votre voyage, consultez le guide « Partir pour être solidaire », réalisé par Ritimo et disponible au centre de ressources d’Etudiants et Développement. Coordonnées en fin de fiche.
Les actions de solidarité internationale visent au développement équitable et durable des pays et des régions que l’on qualifie parfois de « moins avancés». Leurs initiateurs refusent pourtant de donner des leçons et l’un des points les plus importants de la démarche réside dans le fait de s’appuyer sur l’expression de besoins formulés par des partenaires locaux. C’est avec eux qu’il s’agit de définir le projet, d’évaluer sa pertinence et ses suites possibles. Car même les petits projets peuvent accoucher d’un « éléphant blanc », à l’instar des usines ou hôpitaux construits à grands frais sans que la maintenance ne soit prévue voire même sans personnel pour les faire tourner.
C’est tout le processus du projet qu’il s’agit de bien méditer : son intérêt et sa pertinence, en terme de réponse à un besoin exprimé par les populations locales ; son intégration à un environnement socio-économique précis et sa complémentarité avec les actions menées par d’autres associations sur le territoire ; son efficacité, en regard des fonds, notamment publics, que vous allez mobiliser ; la fiabilité et la densité de vos contacts avec vos correspondants dans le pays concerné...
Vous trouverez des outils généraux pour construire votre projet dans le Guide du porteur de projet disponible sur www.animafac.net, rubrique « Boîte à outils », « Guides pratiques ».
2. Financer votre projet
Plusieurs dispositifs existent lorsqu’il s’agit de financer les initiatives à l’international portées par des jeunes. Tournez-vous dans un premier temps vers les partenaires « classiques » des projets étudiants : FSDIE, CROUS, municipalité, voire Conseil général... Sachez néanmoins que ces différents acteurs interviennent sur une zone géographique bien précise (l’université, la ville, le département...) et que ce qui les intéresse le plus dans votre projet, ce sont les retombées que ce dernier peut avoir sur leur territoire. A vous donc de démontrer que votre action de solidarité menée à 10 000 km de votre contrée natale peut quand même avoir un impact positif sur sa population : pensez à organiser une restitution solide au retour. Au-delà de la traditionnelle exposition photo, soyez imaginatifs : de nombreux formats peuvent donner à voir et à réfléchir autour de ce que vous avez mis en place.
Pour plus d’infos sur les financements possibles, consultez la fiche pratique « Financer un projet étudiant » du classeur de fiches transversales ainsi que les annuaires des partenaires et appels à projets sur le site d’Animafac, rubrique « Boîte à outils ».
Par ailleurs, certains programmes sont dédiés au soutien de projets de solidarité internationale. C’est le cas notamment du programme « Jeunesse et Solidarité Internationale - JSI », porté par le Ministère des Affaires Etrangères.
3. Le programme Jeunesse et Solidarité internationale
Ce dispositif, mis en place en 1997, a pour but d’encourager les « activités collectives, solidaires et durables entre groupes de jeunes du Nord et du Sud, au Nord et/ou au Sud, soutenus par des associations de solidarité internationale ou des mouvements de jeunesse ». En 2010, l’enveloppe allouée au programme était de 400 000 €.
Les activités soutenues doivent « permettre aux jeunesses du Sud et du Nord de se rencontrer, de se connaître, d’échanger et d’agir ensemble » afin d’encourager les initiatives pour la cohésion sociale, la démocratisation des sociétés, la paix. Sont éligibles aussi bien les « chantiers » que les projets à caractère social, culturel, éducatif ou sportif voire les séminaires de formation organisés par des mouvements de jeunesse et mis en oeuvre dans un pays pour lequel a été signé un Document Cadre de Partenariat (DCP).
Retrouvez plus d’infos et la liste de ces pays sur le site du Fonjep
Rien n’interdit de présenter des projets se déroulant en Europe, où ce sont les jeunes du Sud qui sont pour une fois invités. En revanche, les projets de collectes et de distribution sont systématiquement refusés, en raison des problèmes que posent généralement ces actions (inadéquation des dons aux besoins, risques de dépendance des populations bénéficiaires...). Les groupes doivent être composés de 5 à 16 jeunes, âgés de 15 à 25 ans.
Le premier critère considéré par le comité de sélection est l’engagement des jeunes eux-mêmes dans la réalisation du projet, ce qui pose souvent des difficultés aux associations d’éducation populaire travaillant avec les jeunes, mais ne gênera jamais une association étudiante. Une participation financière des individus à la réussite des projets est souhaitée. Le caractère durable de l’initiative, c’est à dire l’évaluation de son impact sur son environnement, et la qualité des partenariats engagés seront aussi évalués.
L’un des avantages de ce programme est qu’il vous entraîne à travailler conjointement avec des associations très aguerries dans le domaine des coopérations Nord-Sud : vous devez en effet obligatoirement être parrainé par une structure labellisée. Le réseau Etudiants et Développement a des contacts étroits avec certaines de ces organisations et vous propose d’accompagner vos démarches si vous souhaitez demander un parrainage auprès de la Ligue de l’Enseignement ou d’un autres membres du collectif Solidarité Laïque.
Ce parrainage a pour objet de favoriser l’évaluation des initiatives par des responsables associatifs bien informés sur les situations locales, sur les grands programmes en cours, pour une meilleure collaboration entre les associations et une évaluation plus fine des nouveaux projets. Ces parrains, qui seront les garants moraux des projets vis-à-vis des pouvoirs publics français, mais aussi des autorités des pays d’accueil peuvent aider à trouver des partenaires locaux pour des initiatives d’abord imaginées en France et faciliter le dialogue avec ceux-ci. Attention, la procédure est longue : il vous faut prendre contact avec le parrain 5 mois avant le départ en mission, et déposer le dossier au FONJEP trois mois avant le départ.
Toutes les informations sur le site du FONJEP
4. Éduquer au développement
C’est une évidence, ce n’est pas la réussite d’un micro projet qui va durablement et profondément faire évoluer les inégalités. Il importe aussi que l’opinion publique des pays du Nord se sente solidaire ; et que les pouvoirs publics de ces pays se montrent plus cohérents dans leur politique et plus ambitieux dans leur aide au développement.
D’où l’importance de mettre également en oeuvre les initiatives d’éducation au développement. Celle-ci peuvent prendre toutes sortes de formes : expositions, conférences, projections de films et de vidéos, publications... L’essentiel est d’avoir un message fort et bien construit pour engager le dialogue avec le plus grand nombre et vivifier ainsi le civisme de nos concitoyens.
Autour d’une initiative de solidarité internationale, il est naturel de profiter des informations collectées et de l’expérience accumulée pour attirer l’attention sur ces sujets. Rien de plus convaincant que des témoignages humains et chaleureux, quand ils sont au service d’une pédagogie responsable et cohérente. Rien de plus enrichissant non plus pour celui qui revient d’une mission passionnante que de préparer un exposé, de prendre du recul sur son action pour la présenter à d’autres.
Pour vous aider à trouver des idées d’animation, consultez la fiche pratique « Monter une action d’éducation au développement ».
Ressource :Etudiants et Développement regroupe des associations étudiantes de solidarité internationale. Créée pour répondre aux besoins d'informations et d'échange des porteurs de projets étudiants, l'association propose également des outils pour vous aider dans le développement de vos projets, et vous permet de rentrer en relation avec de jeunes associatifs engagés dans des actions proches des vôtres. N’hésitez pas à les contacter !
Etudiants et Développement
27 rue Léon Loiseau - 93100 Montreuil
Tél : 01.55.86.74.41 - www.etudiantsetdeveloppement.org
Mail : infos@etudiantsetdeveloppement.org
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